Conseil Général. Séance publique du 11juin 2010 Intervention de Marie-Christine BURRICAND, Conseillère générale Vénissieux sud

, par mcb

A l’occasion de l’ensemble de ces rapports sur le RSA et notamment celui sur la programmation référents de juillet à décembre 2010, nous souhaitons vous faire part de nos vives inquiétudes quant à ce dispositif.

Je dois dire que comme Présidente de CLI, je suis confrontée régulièrement aux conséquences de la situation sociale et économique, aux conséquences des choix d’un gouvernement auquel Mr le Président, vous participez.

L’intention affichée par le législateur de permettre avec le RSA le retour à l’emploi de ceux qui en sont le plus loin est violemment contredite par la réalité.

Elle est contredite par les plans de licenciements qui s’allongent et qui jettent dans le dispositif du RSA des milliers de salariés et cela va continuer.
Elle est contredite par la précarité et les bas salaires qui rongent notre pays depuis plusieurs années. Quand ce gouvernement parle de travailler plus longtemps, nous rencontrons des femmes et hommes qui savent –compte-tenu de leur parcours professionnel- qu’ils n’auront jamais accès à une retraite supérieure au minimum vieillesse quels que soient les trimestres supplémentaires qu’ils aligneraient !
Et puis que dire de ces jeunes qui ont été abandonnés entre 16 ans et 25 ans et que nous récupérons ?

Dans cette situation, l’ensemble de ceux qui interviennent dans ce dispositif, - personnels et élus -,engagés dans leur immense majorité pour permettre aux gens de se maintenir la tête hors de l’eau, se retrouvent bien démunis.

Et pour les bénéficiaires, la misère apparaît de plus en plus comme une nasse dont on ne peut pas sortir.

Sans compter les milliers de salariés pauvres pour qui la précarité et la misère s’inscrivent à perpétuité ! Pour mémoire, au-delà de 500 euros de revenus, leur seul droit concernant l’insertion es tun rendez-vous annuel avec Pôle emploi.

Pensez- vous que nous allons régler de tels problèmes à coup d’amendes de 100 euros ?

Un mot sur Pôle emploi comme référent unique : nous savons aujourd’hui qu’ils n’ont pas les moyens du suivi spécifique dont ont besoin les bénéficiaires les plus éloignés de l’emploi.
Les salariés le disent d’ailleurs fortement par leur mouvement de grève.

Des bénéficiaires bien suivis, ce sont des référents sereins.
Or la programmation par période de 6mois a fragilisé les associations comme les fragilise la pression sur le coût de la place.

De la même manière, concernant les frais de structure des associations, attention de ne pas crier trop vite « Haro sur le baudet ».
D’une part, l’augmentation globale du coût de la vie pèse sur ces frais. D’autre part, une partie de ces frais- et regardons de près les études du CG et de RMI 69- participe d’actions permettant le suivi du bénéficiaire. Ces derniers, comme les référents, ont aussi besoin de structures solides.

Vous faîtes aussi état dans ce rapport de l’obligation de se mettre en conformité avec la règlementation européenne. Et que se passerait-il si une collectivité décidant de passer outre sur un domaine aussi sensible.
Vous savez notre opposition résolue à la marchandisation de l’insertion. Pas de profits sur la misère !

L’avenir apparaît en tous cas de plus en plus incertain et nous insistons pour que dès septembre, le Conseil général annonce clairement ses intentions à ses partenaires.

Nous disions au moment de la mise en place du RSA qu’il ne serait au mieux qu’un sparadrap sur une plaie ouverte et au pire un piège à pauvreté.

Aujourd’hui nous affirmons que ce dispositif n’est pas à la hauteur de la situation difficile de millions de gens et qu’il est bien décidément un piège pour les pauvres et les précaires.

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