Collomb et Mercier, au secours du gouvernement, sacrifient le Département

, par mcb

Une déclaration de René Balme, Maire de Grigny

Les deux sénateurs Gérard Collomb et Michel Mercier, respectivement
présidents du Grand Lyon et du Conseil général du Rhône, viennent
d’annoncer publiquement la création de la métropole européenne à Lyon en
2014. Elle comporte l’absorption, au détriment du Conseil général
actuel, du territoire et de la population des 58 communes du Grand Lyon.
Un pas serait ainsi franchi dans la refonte territoriale proposée par M. 
Sarkozy pour Lyon. Le projet de loi qui doit encadrer et instituer cette
organisation devrait être déposé en juin 2013.

Mon opposition à l’argument, largement communiqué jadis par le président
Sarkozy et aujourd’hui par le président du Grand Lyon, selon lequel
l’organisation actuelle est inefficace, favorise l’immobilisme et ne
colle pas à la réalité et aux demandes des habitants, est motivé par la
certitude que seuls l’insuffisance et le mésusage des moyens humains et
financiers attribués au secteur public sont en cause dans les
dysfonctionnements de l’organisation publique actuelle. S’il est une
chose qui met à mal les finances du département, c’est bien la gestion
mégalomaniaque de cette collectivité et les petits arrangements entre
amis qui la caractérisent depuis des décennies.

La méthode des deux sénateurs Collomb et Mercier est parfaitement
inacceptable qui consiste à prendre des décisions unilatérales, à deux,
dans l’ignorance absolue des instances élues, le tout se passant dans
les hautes sphères de l’État et du gouvernement. Vouloir faire à tout
prix, vouloir faire vite est le crédo choisi. Ce choix est à la mesure
des ambitions de MM. Collomb et Mercier qui pourraient apparaître comme
les deux premiers de la classe de l’école libérale. Ce crédo fait
lui-même écho à celui de l’actuel gouvernement qui ne réussit pas à
obtenir la création de la métropole marseillaise. Là-bas, la démocratie
la plus élémentaire a été observée, le président de Marseille Provence
Métropole étant « monté » à l’Elysée avec 25 maires et présidents
d’agglomération : l’opposition, toutes tendances confondues, s’exprime
largement à Marseille, forçant le gouvernement à rechercher un
consensus. L’école de M. Hollande n’a rien à envier à celle de M. 
Sarkozy qui fomente le projet euro-lyonnais avec deux ambitieux
sénateurs du Rhône attachés à la compétitivité européenne et dépourvus
des scrupules démocratiques, parce qu’ils veulent déboucher dès 2014.
MM. Collomb et Mercier tentent, avec cynisme, de présenter, aujourd’hui,
la métropole euro-lyonnaise comme un dossier technico-administratif, ne
disant mot, néanmoins, de tout ce qu’il compte en matière de gestion des
charges, des actifs, des patrimoines et des personnels.

Dans ce contexte, je ne vois pas ce qui permettra à l’intérêt général, à
la gestion du bien commun, au service attendu par les habitants - avec
tout ce que cela comporte d’élévation du niveau de dignité - de mieux se
porter. Grigny, qui a fait les frais d’un enfumage particulièrement
choquant en matière de gestion des zones industrielles lors de son
entrée dans le Grand Lyon, ne permettra pas une seconde imposture. La
Ville de Grigny ne cautionnera pas les dénis de démocratie des
présidents du Grand Lyon et du Département. Le peuple a son mot à dire.
Les quelques 1 785 000 habitants et 330 assemblées élues du département
doivent avoir leur mot à dire sur la métropole, quitte à organiser un
référendum d’initiative locale.

C’est du respect des élus, de la représentativité populaire, des
populations – en un mot, de la démocratie - dont il est question. Le
moment venu, les électeurs seront en droit de demander des comptes à MM. 
Mercier et Collomb et à tous ceux qui auront fait silence autour d’eux.

René BALME,
maire de Grigny (Rhône)
le 06 décembre 2012

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