CONFERENCE DE PRESSE DU 18 JANVIER 2013 concernant l’élection d’une nouveau président et la création de l’eurométropole

, par mcb

Nous avons décidé de tenir ce point de presse suite aux annonces de Michel Mercier et Gérard Collomb concernant la création de l’eurométropole lyonnaise et à quelques jours du changement de présidence du Conseil général du Rhône qui aura lieu lundi.

Michel Mercier, élu maire de sa nouvelle commune, son premier regroupement, doit donc renoncer à la Présidence du conseil général et il semble que c’est Danielle Chuzeville qui lui succèdera.

Chacun comprend que ce départ n’en est pas un et que Michel Mercier gardera les manettes pour aller au bout du projet qu’il entend mener à bien avec Gérard Collomb, l’eurométropole.

La proposition de Danielle Chuzeville , avec laquelle nous entretenons par ailleurs des rapports courtois et respectueux, est sans surprise. Madame Chuzeville est une fidèle de Michel Mercier et ne l’a jamais contrarié, y compris sur le dossier de privatisation des cantines des collèges.

La droite devrait donc continuer à diriger le Conseil général et le groupe communiste présentera vraisemblablement un candidat à la présidence, manifestant son opposition à la droite.

Les sujets d’inquiétude ne manquent pas en ce début d’année, en tout premier lieu l’accroissement du chômage, les menaces qui pèsent sur Bosch, Renault, Rvi, l’incertitude sur Véninov et bien sur l’entrée en guerre de la France au Mali avec les risques d’enlisement qui se dessinent.

Concernant le département, les premières informations qui filtrent sur le budget 2013 indiquent la volonté de rogner sur des postes essentiels pour la vie des habitants. Pour la première fois, le budget insertion qui concerne 12% des habitants de Vénissieux serait touché par ces baisses. On finit par se demander si l’eurométropole n’est pas le moyen pour Michel Mercier de masquer ces difficultés financières, notamment celles liées aux emprunts toxiques.

Si nous nous réjouissons de l’ouverture des deux nouvelles MDR dans la ville , à Parilly et aux Minguettes, nous avons toujours souhaité maintenir une antenne de proximité à Max Barel pour les quartiers Max Barel, Monery et Pasteur qui se trouvent de fait aujourd’hui éloignés des services centraux du CG. Pour l’instant Max Barel ne fonctionne pas, nous interpellerons dès son élection le ou la nouvelle présidente.

Nous voulions bien sur aborder la question de l’eurométropole. Pour dire d’abord que nous n’acceptons pas le passage en force du président du Conseil Général et du président de la Courly qui mettent élus locaux, maires et population devant le fait accompli et qui décident de la partition/disparition du département sans autre forme de débat.

Nous voulons souligner la connivence entre la droite et le PS sur le département, mais aussi au plan national puisqu’il est clair que le tandem a eu l’aval du président Hollande et de son gouvernement.

Nous vivons dans le Rhône une situation inédite puisque nous serions censés mettre en oeuvre une loi qui n’a pas encore été votée ! Comme d’habitude,nous sommes un laboratoire, le poisson pilote d’une loi sur la décentralisation qui ne passe ni à Lille, ni à Marseille concernant notamment les eurométropoles.
Les délais évoqués sont totalement irréalistes au regard des compétences sensibles concernées : handicap, insertion, personnes âgées . IL faudrait que tout soit bouclé en juin pour être opérationnel après les municipales de mars 2014. Cette précipitation a pour nous un objectif essentiel : empêcher toute opposition, réflexion, mobilisation.... Les habitants et les personnels risquent de payer chers une telle attitude. Il est clair que la concertation n’est pas au rendez-vous ;

Sur le fond de ce dossier, nous réaffirmons notre opposition sur le fond comme sur la forme.
Nous sommes pour le développement des coopérations intercommunales, la commune étant pour nous la base du socle républicain.
La prise en compte de la réalité de grandes agglomérations comme les nôtres est une nécessité.
Cela exige t-il la disparition partition du département ? Pour le moins, cela mériterait un large débat citoyen qui de toute évidence n’est pas au programme. En tous cas, comme nous l’avons déjà dit, remplacer le mille feuille par un étouffe chrétien n’est pas un plus !

Nous avons pris connaissance de l’avant projet de Loi de Maryse Lebranchu et nous avons constaté qu’à l’exception du mode de scrutin concernant les futurs conseillers départementaux, il était quasiment un copié collé de la loi de Sarkozy notamment sur la question des métropoles et eurométropoles. Le changement, c’était hier quand le candidat Hollande s’engageait à abroger la réforme de Sarkozy.

Nous ajoutons que le mode de scrutin envisagé par ce projet de loi pour les futurs conseillers départementaux ne nous satisfait pas puisque nous avons toujours défendu la proportionnelle.

Quant au fléchage des futurs élus à la métropole ou à la Courly, il tend de fait à faire de celle ci une collectivité de pleine responsabilité qui prendra le pas peu à peu sur les communes. D’ailleurs, il est annoncé dès 2020, une élection au Suffrage Universel direct des futurs conseillers métropolitains, c’est bien une nouvelle collectivité pleine et entière qui serait ainsi crée.

Nous attirons l’attention sur plusieurs points.
Le projet annoncé entérine le partage du territoire entre urbain et non urbain, ce n’est pas notre conception.

Nous ne croyons pas à la pérennité du département proposé qui sera de fait grignoté par l’eurométropole et nous pensons qu’il ouvre la porte à de nouveaux redécoupages de territoires.
De la même manière,nous considérons que l’eurométropole s’étendra sur d’autres zones urbaines hors département à terme.

Nous constatons que l’avant projet de loi comme les discours de Michel Mercier indiquent que les communes perdront des compétences, la région aussi. Et c’est aussi ce que dit Gérard Collomb dans les cercles restreints. L’objectif de ce projet n’est donc pas la préservation de la commune et le développement des intercommunalités.
Nous disons même au contraire qu’après les départements, ce sont les communes qui sont visées et qui perdront toute autonomie et pour certaines leur existence.

Ce projet s’inscrit dans la mise en concurrence des territoires et la volonté de soumettre les collectivités locales aux critères imposés par l’union européenne.
Il rompt avec le principe d’unité d’administration sur le territoire. Ici c’est l’euro métropole, là cela pourrait être la grande région débordant sur la Belgique ou la Catalogne,à terme c’est la nation elle-même qui pourrait disparaître. C’est le modèle des institutions européennes qui s’applique peu à peu à la France.

Nous sommes certains que ce projet conduira à des suppressions d’emplois publics très vite et à des délégations supplémentaires au privé.
Nous sommes particulièrement inquiets de qui se passera sur l’insertion et le RSA, qui jusqu’à maintenant restaient confiés au secteur associatif.
Nous nous étonnons : D’un côté le Grand Lyon annonce le retrait de certains projets comme par exemple les déchetteries, de l’autre il est prêt à assumer sans sourciller les dettes du département.
Ce ne sont pas les intérêts des populations qui sont au cœur de ce projet mais la volonté de jouer la concurrence au plan européen et celle de Gérard Collomb d’exercer un pouvoir sans partage sur l’agglomération tandis que Michel Mercier, même après la défaite de la droite ,veut mettre en œuvre la réforme qu’il a portée au gouvernement.

Tout est fait pour nous persuader que les choses sont jouées. Mais nous rappelons que la loi n’est pas votée au parlement et nous voulons mettre à profit les semaines qui viennent pour alerter les populations afin qu’elles s’emparent du débat. Il est évident pour nous que de telles décisions mériteraient une consultation de type référendum.

C’est la question des villes dans lesquelles nous voulons vivre demain qui est posée et bien sur de la démocratie.
Les institutions sont une réalité vivante et en mouvement. Il est évident que des évolutions sont nécessaires. Celles-ci doivent se construire à partir des expériences et des besoins des population. La démocratie locale, la citoyenneté, l’égalité de traitement sur le territoire national doivent être au cœur de ces évolutions.
Ce n’est pas le cas de ce projet qui conforte au contraire les pouvoirs de la ville centre et créera entre collectivités des rapports de dominés dominants. Le gouvernement doit revoir sa copie et Gérard Collomb comme Michel Mercier faire l’effort d’un projet travaillé avec le plus grand nombre. Nous disons non au coup d’état institutionnel.

Marie-Christine BURRICAND
Conseillère générale de Vénissieux Sud

Christian FALCONNET
Conseiller général de Vénissieux Nord

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