Euro-Métropole : du Mille-feuille à l’ « Étouffe-chrétien »

, par mcb

Une semaine après leur annonce, la volonté de passage en force de Gérard Collomb, Président du Grand Lyon et Michel Mercier, Président du Conseil général du Rhône, pour l’Euro-Métropole se confirme.

C’est ainsi qu’au Conseil Général, à la prochaine séance publique du 21 décembre, Michel MERCIER met aux voix un rapport concernant la création de l’Euro-Métropole Lyonnaise. Dans ce rapport, il confirme trois points essentiels du projet :

- L’Euro-Métropole aura toute les compétences du département
- Elle sera dotée d’une partie des compétences de la Région, notamment l’économie
- Elle sera amenée à aspirer certaines des compétences des communes

La concertation accouche d’une souris, une commission composée de tous les groupes politiques pour suivre et piloter la mise en place de la nouvelle organisation. Nous demandons un grand débat avec l’ensemble des élus locaux, les partenaires associatifs, institutionnels, les salariés et leurs représentants et les populations.

Dans le même temps, Gérard Collomb commence à dire que l’Euro-Métropole peut être amenée à s’élargir. Il lorgne déjà sur la communauté des communes de l’est lyonnais et pourquoi pas sur le canton de Condrieu le plus au sud du Rhône.

S’achemine-t-on vers une Mégalo-Métropole débordant sur l’Isère et l’Ain, voire la Loire ?

Qui peut imaginer que le Département annoncé, taillé sur mesure pour Michel Mercier et sa majorité, survivrait longtemps dans ce grand chambardement des territoires de la République ?

Maryse Lebranchu, Ministre de la décentralisation, veut nous faire croire qu’il n’y pas d’avant–projet de loi. Pourtant, c’est bien un avant-projet qui circule et dont chacun peut prendre connaissance sur le site de la Gazette des communes. La comparaison avec le projet de loi de 2010 de Nicolas Sarkozy est édifiante puisque sur les Métropoles on croirait un copié-collé.

Le mille-feuille français a beaucoup été critiqué. Aujourd’hui, c’est un « étouffe-chrétien » qui s’annonce face auquel les citoyens et les élus locaux ne pèseraient pas bien lourd.

De qui se moque-t-on ? Derrière les arguties techniques, il y a la volonté de remettre en cause le socle Républicain et l’égalité de traitement des citoyens sur tout le territoire.

Ce n’est pas l’intercommunalité dont le développement est indispensable aujourd’hui qui est au cœur de ce projet mais bien son contraire : la centralisation des pouvoirs et des moyens financiers et économiques entre les mains de quelques décideurs qui jouent la concurrence entre les territoires.
L’absorption du Département par le Grand Lyon n’est qu’une étape pour aller plus loin dans ce sens.

Il est d’ailleurs étonnant que dans cette affaire, les emprunts toxiques du Département comme les 148 millions de dettes de l’État concernant le RSA soient passés sous silence, preuve que les besoins des populations ne sont pas à l’origine de ce projet.

Nous n’allons pas accepter aujourd’hui ce que nous refusions lorsque Nicolas Sarkozy était au pouvoir et nous nous engageons à créer les conditions de l’information la plus claire possible pour les citoyens concernant les projets de réorganisation du territoire national et leurs enjeux.

Dans tous les cas ce sont les citoyens qui doivent décider de l’avenir du Département du Rhône et de l’agglomération lyonnaise, si nécessaire au travers d’une consultation de type référendum.

NB : « Étouffe-chrétien » : Très nourrissant, bourratif au point d’être indigeste.

Marie-Christine BURRICAND
Conseillère générale du canton de Vénissieux sud

Christian FALCONNET
Conseiller général du canton de Vénissieux Nord

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