Le logement : un droit à conquérir !

, par mcb

Intervention de Marie-Christine Burricand pour le groupe communiste, Parti de Gauche et Républicain au Conseil Métropolitain du 10 avril 2017

Monsieur le Président, Chers collèges,

Avec ces deux délibérations, nous sommes au coeur d’une préoccupation essentielle de nos concitoyens, celle du logement, plus précisément du mal logement et même du pas de logement du tout, de la cherté des loyers, jusque dans le logement social, et aussi de l’endettement ds foyers qui accèdent à la propriété, sans compter les charges considérables liées au coût de l’énergie et à l’absence d’isolation. Nous devons aussi prendre en compte les difficultés de l’hébergement d’urgence et d’insertion, difficultés que les habitants des communes de notre métropole croisent quotidiennement : squatts refuges, voitures dans lesquelles de familles entières passent la nuit, et celles aussi qui cherchent un refuge dans les écoles, lieu symbolique de notre république mal en point. Sans compter les familles qui vivent à 10 dans des appartements prévus pour 5...

Le FSL est un dispositif essentiel pour tous ceux là. Accéder à un logement décent,
s’ y maintenir est devenu un parcours du combattant pour des centaines de milliers de familles en France comme ici, sans compter la très grande atteinte à la dignité qu’est la privation d’énergie.

Pourtant le droit à un logement digne est inscrit dans la déclaration des droits de l’homme de 1948 comme dans notre constitution ; Mais il est battu en brêche par les politiques gouvernementales et européennes qui détruisent l’emploi, écrasent les revenus du travail avec les bas salaires et la précarité, préfèrent l’aide à la personne à l’aide à la pierre, favorisent la spéculation plutôt que le droit, sans compter la pression sur l’hébergement d’urgence avec ces millions de personnes que la guerre et les destructions démocratiques autant qu’économiques obligent à quitter leur pays. La volonté d’hégémonie sur les ressources de la planète coute très cher !

C’est pourquoi, Mr le Président, nous ne pouvons nous satisfaire que les enveloppes proposées soient à la baisse alors que les besoins eux ne cessent de grimper et vont continuer à le faire à moins d’une inversion politique et sociale dont vous avez assez dit que vous n’en étiez pas partisan. Et nous sommes partisans nous sur ces questions centrales du point de vue social de "sanctuariser" en quelque sorte les efforts nécessaires !

Car les chiffres sont bien au rouge : Entre 2011 et 2015, les assignations pour impayés de loyers ont grimpé de 18 % dans le Rhone, soit 5631 en 2015 et les décisions d’expulsion de 17 % soit 4788. Presque 15000 familles sont expulsées chaque année et les demandes de logement d’urgence se sont multipliées par 2 dans la même période de 4000 à 8000, concernant le DALO, une demande sur 2 est rejetée. Nous avons tous fait l’expérience cet hiver de familles qui appellent le 115 sans parvenir à un résultat. La demande de logement social est elle aussi en augmentation avec 170315 demandeurs en Rhône Alpes , il faudrait 5 ans pour écouler les demandes dans notre département.

La politique nationale du logement creuse les inégalités : l’effort consacré au logement est de 55,9 % des revenus pour le premier décile de revenu, de 31,8 % pour les trois déciles suivants ; 2 417 000 foyers fournissent pour leur logement un effort excessif. Ce qui se traduit entre autres par une hausse des loyers en impayés dans le parc social, 6,5 %. Les 3/4 de nos concitoyens n’atteignent pas le seuil de revenu permettant d’assumer un remboursement de 1000 euros en cas d’accession à la propriété.

Dans ces conditions de paupérisation , nous nous interrogeons sur la progression des PLS qui sont inaccessibles à une grande partie de la population (revenu fiscal de 50000 euros pour un couple et deux enfants à Lyon,), des 30 % supplémentaires de loyer pour les logements sociaux livrés depuis 20 ans par rapport au parc social ancien, ce qui aggrave la ghetthoïsation et la rancoeur puis que les habitants de ce parc ancien ne peuvent bouger tandis que les plus pauvres se retrouvent toujours dans les mêmes lieux , pas parce qu’il y a trop de logement social mais parce qu’il n’y en a pas assez et surtout en construction neuve.
Pour prévenir les expulsions, nous demandons que des Capex soient mises en place systématiquement et qu’aucune expulsion ne puisse être autorisée sans une proposition de relogement décente qui mobilise l’ensemble des acteurs sociaux. Nous condamnons d’ailleurs cette pratique barbare de l’expulsion qui avec ces frais enrichit qui plus est les huissiers, au détriment des familles, des bailleurs sociaux et des fonds sociaux.

Concernant le logement d’urgence, il est prévu le développement de l’observation sociale et des indicateurs de suivi , mais nous avons fait l’expérience cet hiver que les élus et les associations de solidarité confrontées aux situations d’urgence de familles avec enfants à la rue trouvaient peu de solutions avec la Maison de la Veille sociale et nous souhaiterions pour cette structure un référent par commune et que les indicateurs de suivi de la MVS et du 115 soient partagés avec les communes et l’ensemble des élus de la métropole, nous souhaitons plus de transparence et de travail avec les acteurs des communes .
Nous nous abstiendrons sur cette délibération qui n’est pas à la hauteur des besoins et du grand service public du logement dont notre pays a besoin.

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