Projet métropolitain des solidarités

, par mcb

Intervention de Marie-Christine Burricand pour le groupe communiste, Parti de Gauche et Républicain

Monsieur le Président , chers collègues,

Nous avons pris connaissance avec une vraie curiosité des documents qui constituent le projet métropolitain des solidarités jusqu’en 2022 et ce d’autant que nous l’attendions depuis plusieurs mois avec une impatience certaine. Et nous avons trouvé dans ce document de très nombreux et instructifs éléments de connaissance quant à la réalité sociade notre métropole, réalité que nous connaissons bien mais que les chiffres détaillées confortent et précisent. Merci donc aux services pour ce travail.
Nous n’avons pas d’opposition aux 4 principes structurant ni aux 4 orientations transversales. Je soulignerai quelques points.Nous apprécions notamment que soit reconnu que tout en garantissant l’équité pour tous, il soit reconnu qu’il faut faire plus envers les plus fragiles. Nous partageons la volonté que les publics parfois les plus démunis soient considérés comme des citoyens à part entière et à ce titre partie prenante des dispositifs auxquels ils ont recours. Vous me permettrez de préciser que si l’institution a le devoir de permettre la représentation des usagers, il faut tendre même si ce n’est pas toujours facile à ce que ces usagers puissent décider eux mêmes de qui les représente et de quelle forme d’organisation ils se dotent pour y parvenir. Quant à l’innovation pourquoi pas à conditions que les opérations de communication ne prennent pas le pas sur la réalité de l’action et que nous ne nous déchargions pas de nos responsabilités sur le secteur associatif voire sur des acteurs privés qui pourraient substituer l’assistanat voire la vieille charité à la solidarité qui est d’abord une redistribution des richesses du pays à ceux qui en bénéficient le moins.
Sur les 80 actions détaillées dans les documents, si certaines remportent immédiatement notre adhésion, comme la mise en place de nouvelles consultations de Pmi, la promotion des centres de planification ou d’éducation familiale auprès des collégiens et jeunes, la lutte contre la prévention des violences familiales, les consultations préventives de puéricultures, d’autres nous semblent aller de soi comme le relai des messages de veille sanitaire ( c’est quand même la moindre des choses) et d’autres nous interrogent voire nous inquiètent. Nous voulons, comme le demandent les association et notamment RESF69, que le droit commun de la protection de l’enfance continue de s’appliquer aux mineurs isolés étrangers et non pas un dispositif dérogatoire qui leur serait spécifique. Nous sommes dubitatifs quant au développement des services dématérialisés au profit de l’usager, qui devraient s’accompagner d’efforts considérables, bien au-delà de ce qui est annoncé, pour réduire la fracture numérique et être conduit avec discernement, la proximité humaine est un élément essentiel de la solidarité et du vivre ensemble . Tirons le bilan des expériences précédentes comme par exemple ce qui s’est passé à Pôle emploi.
Cependant nous restons sur notre faim devant ces document et ce sur 4 points au moins :

  • L’ambition politique car nous voyons plus un catalogue de bonnes pratiques et bonnes intentions qu’une volonté déterminée de réduire la fracture sociale
  • La prise en compte de l’urgence de la situation
  • La déclinaison des objectifs en terme de moyens pour résoudre des situations insupportables
  • La problématique de la politique gouvernementale et de ses effets sur notre collectivité et les communes.
    Les chiffres que vous nous donnez témoignent que dans notre riche métropole la pauvreté perdure, voire augmente avec un taux de 15,2 % soit un peu plus que le taux national ; Ce n’est pas complètement surprenant car la concentration de richesses dans quelques territoires contribuent au délaissement des zones péri urbaines et à des déserts ruraux, les métroploes comme les nôtres jouant en quelque sorte un rôle d’aimant pour ceux des populations qui pensent pouvoir y trouver emploi et services. Ces chiffres disent aussi que la fracture historique entre l’est et l’ouest dans notre agglomération perdure voire s’aggrave. Ils indiquent enfin que la pauvreté touche tous les aspects de la vie , logement santé école...Or, si vous affichez dans ce projet la volonté de travailler mieux, vous ne vous fixez jamais l’objectif de réduire le taux de pauvretè de manière importante pas plus que de résoudre la fracture territoriale et sociale qui marque notre métropole, ce qui revient à dire que vous l’acceptez ; C’est finalement une impuissance avouée.

Il nous manque aussi l’urgence de la situation ; il y a des choses qui ne sont plus supportables : les 1000 à1500 personnes dormant régulièrement dans la rue en dehors du plan grand froid, dont de nombreuses familles avec enfants, la pratique des expulsions qui perdurent, les milliers de citoyens qui n’ont plus accès aux soins élémentaires que sont les lunettes, les dents… les temps d’attente pour que soient traités un certain nombre de dossiers de handicap, pour les rendez vous avec les assistantes sociales, les personnels non remplacés, les familles démunies quand les enfants vont mal, quand leurs adolescents sombrent dans les addictions, les conduites à risque faute de structures d’accueil en nombre suffisant…C’est bien de savoir ce que nous faisons, ce serait encore mieux de savoir ce que nous ne parvenons pas à faire, l’adéquation entre les besoins et les réponses, le non recours aux droits...Nous regrettons que nous ne nous fixions pas des objectifs plus précis et plus immédiats qui témoignent de la volonté de faire de la solidarité une vraie priorité.

Cela va avec une absence totale de transparence sur les moyens à mettre en oeuvre par rapport aux besoins et aux objectifs annoncés, absence qui dévalorise les meilleures de vos annonces. Lors de la commission qui a présenté ces documents, j’ai entendu une fois de plus qu’on pouvait faire mieux avec moins, C’est ce genre d’adages qui a permis la fermeture de milliers de lits d’hopitaux et conduit les personnels hospitaliers au bord de la crise de nerfs. Depuis bientôt 20 ans, le pacte de stabilité et la réduction des dépenses publiques sont passés par là et nous savons tous qu’il n’y a plus rien à gratter. Aujourd’hui, quelle que soit la manière de travailler, moins c’est moins, moins de personnels, moins d’éducateurs, moins d’hébergements...
Comment afficher des objectifs légitimes si les moyens nécessairees ne sont pas mis en face ?

Enfin Mrle Président, il y une grande absente dans votre projet, c’est la politique gouvernementale. Elle va aggraver la situation sociale. Les ordonnances macron, c’est plus de précarité, grande pourvoyeuse de pauvreté, moins de salaire. La baisse des APl va rendre plus difficile la mission des bailleurs sociaux mençant encore plus la cohésion sociale et je vous passe les mauvais coups annoncés sur les retraites, la sécu, les hopitaux...
300 milliards d’euros en moins pour les collectivités locales cette année, comment maintenir le bon tempo dans uen telle situation et quand en débattons nous ? Je vous rappelle notre proposition de sanctuariser un certain nombre de dépenses de solidarité et de ne pas leur appliquer la baisse de 6% ;
nous voterons cette délibération par respect pour le travail accompli et les intentions annoncées mais elle ne fait pas le poids face aus enjeux sociaux ; Nous serons très vigilants sur ces questions. Prnez garde que la réalité sociale ne vous revienne comme un boomerang !

Vous inscrire sur ce site

Vous avez demandé à intervenir sur un forum réservé aux visiteurs enregistrés.

Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.