Assemblée régionale de communistes le 24 avril

, par mcb

La direction du PCF a décidé d’un Congrès bâclé et hors statut ;

Les communistes n’en veulent pas et s’organisent pour pouvoir décider de l’avenir de leur parti.

Ci-dessous l’introduction de Marie-Christine Burricand à l’assemblée du 24 avril.

Au lendemain des élections régionales, nombreux étaient les communistes qui souhaitaient que le PCF se livre à une analyse détaillée des résultats des élections et de la stratégie du Front de gauche.

Si la claque infligée à Sarkozy et au gouvernement nous a réjouïs, elle ne saurait nous faire oublier le taux très élevé d’abstention et particulièrement dans les quartiers populaires, la remontée du Front national, la perte de plus de la moitié de ses élus régionaux pour le PCF. Ainsi en rhone alpes ou on passe de 15 élus communistes à 9 front de gauche dont 6 communistes.

Ces mêmes militants souhaitent pour la plupart que leur parti joue tout son rôle pour que la bataille sur les retraites comme celle contre la réforme des collectivités locales prennent toute la force nécessaire.Ils considérent que l’aiguisement de l’affrontement de classe place le PCF devant ses responsabilités quant au combat et au projet communiste et lui ouvre un espace nouveau.

Ce sont bien en effet des choix de société qui sont posés au travers de ces deux sujets et ce sont bien les appétits insatiables du capital qui plombent la retraite à 60 ans et exige la desruction de la république et des institutions issues de la révolution.

Mais la direction du parti avait d’autres priorités.
En effet, l’exécutif national a fait voter par le Conseil National des 27 et 28 mars 2010 la convocation d’un congrès extraordinaire ou congrès d’étape qui se tiendrait les 18, 19 et 20 juin.

Ce congrès devrait faire le point sur la mise en oeuvre de l’orientation stratégique du front de gauche, ouvrir la réflexion sur les échéances électorales à venir, adopter une feuille de route pour les transformations du parti et procéder au changement de secrétaire national.

Tout de suite après ce Conseil National des 27 et 28 mars, 5 secrétaires fédéraux( Pas de Calais, Tarn, Haute-Saône, Ardennes, Var) lançaient un appel pour demander le report du congrès et pointaient quelques pistes de débat essentielles, j’y reviendrai.

Bien que ce texte ait reçu un accueil positif ( signatures de deux secrétaires fédéraux supplémentaires, de nombreux secrétaires de section et membres du CN), la direction lui a opposé une fin de non recevoir.

Elle prend donc la responsabilité d’imposer aux communistes un congrès hors statuts, qui devra se tenir en moins de 3 mois alors que les militants sont engagés dans le bras de fer des retraites et des collectivités locales.

La démocratie est bafouée et une telle précipitation ne manque pas d’inquiéter quant aux intentions de la direction.

Ce congrès sur la forme comme sur le fond est une défausse et peut-être même un jeu de dupes.

Un congrès antistatutaire

Le mode de préparation de ce congrès, pour le moins inédit, ne s’inscrit dans aucune ds régles de vie du PCF.

Voilà ce que disent les statuts sur l’organisation du Congrès :
Pour l’adoption des orientations politiques comme pour l’élection des instances du Parti, l’organisation des débats et des votes poursuit le double objectif de rassembler la grande majorité des adhérent-e-s sur des choix élaborés en commun ; et de permettre à celles et ceux qui ne se retrouvent pas dans ces choix de soumettre au vote des propositions alternatives. Ainsi, nous faisons le choix de faire du pluralisme des idées, un droit et un principe de notre mode de fonctionnement.

Le conseil national décide de l’ordre du jour et lance un appel à contributions. Tout-e adhérent-e, individuellement ou collectivement, toute assemblée générale de section et tout conseil départemental peut proposer une ou des contributions, portant sur tout ou partie de l’ordre du jour. Toutes sont mises à la disposition des communistes. A partir de cet ensemble d’éléments, le conseil national élabore un projet de base commune de discussion portant sur l’ordre du jour du congrès. Sur une question particulière en débat, le texte comporte, s’il y a lieu, des choix alternatifs possibles qui feront l’objet d’un vote de congrès. Tous les efforts auront été faits pour aboutir à un texte permettant de rassembler la grande majorité des adhérent-e-s sur des choix élaborés en commun. Un délai de cinq semaines au moins est ensuite donné pour faire connaître ce projet à tous les adhérent-e-s. A l’issue de cette période, deux cents adhérent(e)s issu(e)s d’au moins dix fédérations peuvent proposer une base de discussion alternative qui doit traiter de l’ordre du jour du congrès et respecter la cohérence de celui-ci. Sa dimension ne saurait excéder celle du projet adopté par le conseil national.
Tout texte est accompagné d’un résumé de ses orientations essentielles. Les résumés sont de taille identique.
Une commission élue par le conseil national organise la transparence des débats. Elle valide les textes proposés.
Le ou les projets de base commune sont portés à la connaissance des adhérent-e-s et soumis à leur vote. Le texte qui a obtenu le plus de suffrages devient la base commune de discussion de tous les communistes.

Des règles à comparer à ce que la direction nationale a envoyé aux fédérations sur la préparation du congrès par une note du 22 avril 2010 :

Le congrès d’étape est convoqué les 18, 19 et 20 Juin 2010 au CNIT de La Défense à Paris.
.
Les textes plateformes sur l’évaluation de nos choix de congrès et transformations du parti ont été adoptés lors du CN du 16 avril.

Chacun est bien sûr invité à organiser le débat dans les FD et les Sections.

a)L’organisation et les modalités du débat sur les deux textes plateformes .

L’introduction au débat du congrès propose dans ces dernières lignes une méthode de travail :

« Les deux textes que nous versons aujourd’hui à la discussion des communistes sont des documents de réflexion destinés à ouvrir ce débat, à nourrir notre réflexion, à permettre son approfondissement et la prise de décisions. Ce débat, nous voulons que tous les communistes y prennent part sans tabou pour enrichir les pistes de travail et de propositions présentées.

Sur la base de ces débats et du travail des assemblées générales de sections et des congrès départementaux, le congrès adoptera une résolution qui donnera le signal recherché, en rassemblant dans un relevé de décisions les initiatives politiques et de transformations du PCF à engager dans la période qui nous sépare du congrès ordinaire de juin 2011. »

Il ne s’agit donc pas de s’engager dans un travail d’amendements de chacun de ces deux textes, mais d’organiser le débat le plus large possible, en aidant à ce qu’il se concentre sur quelques questions essentielles qu’ils portent :

- Quelle situation politique au lendemain des élections régionales et européennes ?
- Quelles initiatives pour faire reculer la droite et la battre en 2012 ?
- Comment construire concrètement une nouvelle phase du Front de Gauche ?
- Comment avancer dans notre ambition de transformation du parti ?

Pour y aider, un forum de discussions va être ouvert sur le site du parti ; Communistes dans les 5 semaines qui suivront l’arrivée des textes dans la boite aux lettres des camarades contribuera au débat. Les textes et les réflexions produits pourront dès lors très largement circuler.

Les assemblées et conférences de sections, les congrès départementaux pourraient, après discussion, adopter des procès verbaux, un relevé de décisions ou une résolution précisant les grandes lignes de leur discussion, donnant leur avis sur les pistes de travail soumises au débat, proposant des modifications ou des compléments à ces pistes de travail. Ces résolutions et Procès Verbaux de réunion seront transmis à la commission qui travaillera à la résolution qu’adoptera le congrès .

Chacun peut le constater : exit l’appel à contributions avant les textes, le délai de 5 semaines, la possibilité de texte alternatif. Quant à l’élaboration de la résolution du congrès, elle reste plus que floue dans sa construction.
Nous sommes bien dans un congrès hors statut où l’absence de régles partagées et transparentes d’organisation autorisent toutes les maneuvres.
Pour mémoire, c’est ce congrès antistatutaire qui devrait décider du changement de secrétaire national.

Un congrès ficelé !

La direction du parti pointe 4 questions essentielles dans la préparation de ce congrès
- Quelle situation politique au lendemain des élections régionales et européennes ?
- Quelles initiatives pour faire reculer la droite et la battre en 2012 ?
- Comment construire concrètement une nouvelle phase du Front de Gauche ?
Comment avancer dans notre ambition de transformation du parti ?

Au travers de ces questions, les interrogations réelles des communistes sont repoussées hors du débat :
Les deux premières questions nous enferment dans le calendrier électoral et les institutions.Elles évacuent la nécesaire analyse de la crise et de ses conséquences sur la société.
La troisième question comment construire concrètement une nouvelle phase du Front de gauche illustre une volonté de marche en avant aveugle dans cette stratégie et fait l’impasse sur les résultats des européennes et des régionales et sur les effets de la stratégie du front de gauche. La perte d’un élu communiste sur deux dans les régions passe en pertes et profits.
Enfin, la quatrième question en se centrant sur la transformation du parti, affaiblit volontairement ce qui s’était exprimé fortement à l’assemblée des militants de section et au dernier congrès, la volonté de faire vivre le PCF.
La question du changement de secrétaire national est comlètement évacuée, traité de manière anecdotique dans une pure tradition d’adoubement. Les communistes ont-ils leur mot à dire sur cette question ?

Il s’agit donc bien comme l’a écrit André Gerin à Marie-Georges Buffet d’un congrès de la défausse, d’une fuite en avant dans une tactique électorale qui n’a pas fait la preuve de son efficacité, c’est le moins qu’on puisse dire.

Derrière la langue de bois se cache la réalité. La direction du parti et le parti de gauche ont déjà entamé les discussions pour les élections cantonales de 2011 et pour les législatives et la présidentielle de 2012.

Ces partis pris se retrouvent dans les textes censés lancer le débat. J’en cite quelques formules :

« 1/ Le résultat des élections régionales change la donne politique »
« L’évaluation détaillée de nos campagnes et des résultats des élections régionales est en cours dans tout le parti. Mais nous pouvons estimer que dans un contexte de crise exacerbée du capitalisme, avec une droite très déterminée et brutale au pouvoir, et le séisme politique que constituent les mouvements actuels à gauche, nous sommes parvenus à réinstaller dans le paysage un nouveau chemin d’espoir à gauche. Cela n’avait rien d’évident. C’est un acquis précieux et prometteur, qui valide à cette étape notre choix de choix de congrès. »
« Notre congrès doit donc identifier les limites actuelles du Front de gauche et se donner une feuille de route pour les dépasser afin construire une nouvelle étape de son développement, quantitativement et qualitativement supérieure. »
« Comment permettre aux milieux populaires de s’approprier le Front de gauche ? »

J’ai noté sur ce texte le refus défensif de la direction quand au Conseil national plusieurs camarades ont demandé qu’il y soit intégré la nécessité de décider à ce qongrès d’une candidature communistes aux présidentielles.

Quant au texte sur les transformations du parti, deux remarques : il n’y a eu aucun travail sur la vie de parti depuis le dernier congrès alors que les communnistes en avaient faits une priorité.
Derrière un verbiage loin de la réalité de l’organisation populaire et de combat, se profile l’intention de récupérer au plus haut niveau l’ensembles des moyens du parti. Rappelons nous, les locaux des sections vendues à Lyon, Vaulx,Paris...
Alors que plusieurs camarades du courant refondateur quittent le Parti, après avoir très largement influencés les choix faits depuis Martigues, alors que depuis Martigues et avant des camarades dénoncent le renoncement et la dilution et se battent pour faire vivre et renforcer le PCF, ce congrès bâclé, ces textes loin des préoccupations des communistes, ce changement de secrétaire national traité comme une affaire administrative concourent à donner l’image d’une décomposition inquiétante du PCF, témoignent de la de la stratégie d’abandon initiée depuis Matigues.

Ce congrès sera-t-il une nouvelle étape de la décomposition du PCF ou un point d’appui pour la construction du PCF populaire et de combat dont nous avons besoin ?

Poser la question, c’est déjà refuser la fatalité du déclin et décider de notre engagement pour que vive le pCF et un projet révolutionnaire dans la France d’aujourd’hui.

Depuis la chute du mur de Berlin, les forces de liquidation sont à l’oeuvre dans le PCF et singulièrement dans la direction.
Le PCF est d’ailleurs le seul parti en France à s’être autant auto flageller et avoir autant expliqué combien il était dépassé et devait changer.
Pour mémoire, quelques une des grandes étapes de cette liquidation : la mutation de Robert Hue qui a transformé les évolutions en abandons, le congrès de martigues et l’abandon des cellules comme organe souverain, l’adhésion au PGE, la fin de l’humanité comme journal communiste(organe central) pour journal de la gauche, le renoncement à un groupe à l’Assemblée nationale alors que le règlement permettrait de le reconstituer ( regarder l’ambiguité du texte 1 qui parle d’un groupe pour les députés communistes et leurs partenairs du FG).
Ces renoncement idéologiques ont leur traduction électorale : gauche plurielle, collectifs antilibéraux, front de gauche.
Toutes ces combinaison, au-delà des intentions annoncées, n’ont pas émancipé le PCF du PS (CF rhone-alpes)
Ils ont aggravé les difficultés dans l’organisation du PCF : affaiblissement dans les quartiers populaires et les entreprises, parisianisme de la direction dont les ouvriers et techniciens sont quasiment absents
Cette stratégie a rencontré des résistances profondes, là aussi, j’en cite quelques unes : l’appel « Nous assumons nos responsabilités », le texte du Pas de Calais au 32ème congrès, le texte « Fiers d’être communistes » au 33ème (citons aussi (les rails de la lutte des classes)et la présence pour la première fois dans l’histoire du PCF d’une liste alternative).
Fin 2007, l’assemblée des militants de section contraignait à reconnaître qu’une majorité de communistes voulaient faire vivre le PCF.
Au 34éme congrès, 40% de communistes se prononçaient pour cette ligne au moment du choix des textes ( Faire vivre et renforcer le PCF à25%) et ils sortaient la métamorphose par la porte sans parvenir pour autant à arrêter le Front de gauche.
Tout ceci a aussi pesé dans les choix du PCf : le refus de la guerre au KOSOVO, le Non au référendum, la candidature aux présidentielles en 2007 par exemple.
Aujourd’hui, quelles que soient ces intentions et on se demande parfois s’il y a dans l’avion autre chose qu’une navigation à courte vue pour permettre la survie de l’appareil,la direction doit composer avec la volonté majoritaire des communistes.
D’une certaine manière, les choses s’éclaircissent.
Robert Hue et Jean-Claude Gayssot sont partis aux régionales sur les listes du PS, une partie des refondateurs ont fondé un nouvau mouvement, ceux qui dénonçaient il ya 10 ans les tentations liquidatrices avaient donc bien raison.
Le voile commence à se lever sur la dernière défausse, le Front de gauche, qui avait séduit des militants soucieux de s’émanciper du PS.
De nombreux militants acceptent mal les têtes de listes cédées en contradiction avec le poids respectif des forces en présence, la non visibilité du PCF dans certaines régions, l’engagement des militants se traduisant par moins d’élus, les négociations bâclées du second tour qui ont conduit à un effacement du PCF (Val de Marne, Seine Saint denis, Rhône-alpes...)sans compter le retour au bercail du PS sans condition.

Le texte des ecrétairs fédéraux traduit bien ces préoccupations : analyse des résultats, crainte d’une utilisation du FG pour effacer le PCF, revendication de l’indépendance du PCF, reconquêe de l’électorat populaire et du monde du travail. C’est la première fois à ma connaissance que 7 secrétaires fédéraux signent ainsi un texte de refus d’une décision de la direction.
J’ajoute qu’au dernier Cn, il y a eu vote contre le texte d’orientation de la part de fédés comme la Haute Garonne, le Nord, la Seine Maritime, le Pas de calais, le Tarn...
A nous donc de travailler à partir de ce font commun pour rasembler les communistes et gagner le pari de l’existence du PCF comme force révolutionnaire.
Je cible trois points essentiels dans ce congrès très proche, mais la discussion en rajoutera sans doute :
Le droit d’inventaire depuis Martigues qui porte évidemment la nécessité de rompre avec les choix stratégiques décidés alors
La candidature communiste aux présidentielless
La nécessité de revitaliser nos organisations de base.
Nous pourrions travailler un court texte autour de ces trois questions ,sorte de feuille de route des militants pour ce congrès.
Dans le Rhône, nous tiendrons une assemblée de communistes le 29 Mai nous permettant de dégager ce que nous porterons dans les conférences de section et fédérales.
Je donne rendez-vous à tous le 1er mai et le 6 mai pour le débat avec nos parlementaires sur les retraites.

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