Rencontre du collectif national du réseau Faire vivre et renforcer le PCF

Mettons la barre au bon niveau, celui des exigences sociales et politiques, du combat nécessaire face au capitalisme

, par mcb

Cette réunion du 5 Mai a permis d’échanger sur la situation après le premier tour des élections présidentielles, à quelques jours de la défaite attendue de Sarkozy, et dans le cadre dont tout le monde témoigne d’une aggravation de la crise et de la violence du capital pour s’imposer et imposer de nouveaux tours de vis contre les salaires.

Elle a réuni des communistes du Nord et Pas-de-Calais, des Bouches-du-Rhône, de l’Ile -de-France, de la Drôme, du Rhône, de l’Hérault, de la Gironde, de l’Isère, de l’Ain, du Var.

Ci-dessous le rapport introductif de Marie-Christine Burricand, un compte-rendu de la discussion sera publié prochainement.

La réunion de ce matin doit nous permettre d’échanger, d’analyser et si possible d’élaborer un point de vue commun sur plusieurs questions :

- L’appréciation de la situation politique et sociale en regard du résultat du premier tour de la présidentielle,
- La bataille des législatives,
- L’analyse de la situation du PCF comme force nationale,
- Quelles initiatives prendre d’ici le congrès pour assurer et développer l’existence d’un parti communiste en France ?

Ce qui domine le résultat du premier tour de la présidentielle, c’est la volonté populaire de mettre une claque à Sarkozy qui s’est exprimée par trois votes : Hollande, Marine Le Pen et Mélenchon ; disant cela je ne fais aucun amalgame entre ces trois votes évidemment.

Cette même volonté a conduit à ce que l’abstention soit moins forte qu’annoncée même si la participation n’atteint pas le niveau de 2007.

Il y a une poussée à gauche qui profite au PS et au FG, l’extrême gauche disparaissant quasiment. Ceci dit Sarkozy ne s’effondre pas et la droite (Sarko, FN, Bayrou) reste majoritaire dans le pays.

Jean Luc Mélenchon atteint un résultat à deux chiffres ce qui n’est pas rien dans une élection comme la présidentielle.

Au delà de notre appréciation sur le FG et le candidat, il y a eu une vraie dynamique dans la campagne liée au style du candidat, à la volonté de trouver une issue et à la colère contre le capital. Il faut noter que la campagne Mélenchon a été largement et positivement médiatisée.

Le résultat est cependant un peu en deçà de ce qui était annoncé et espéré. En nombre de voix, Mélenchon dépasse les voix du PCF et de l’extrême gauche en 2007 mais n’atteint pas le total de 2002, ni de 1995.

Plusieurs analyses de la répartition et de la sociologie du vote commencent à sortir. Je vous renvoie à l’Huma du 30 avril et à l’article de Fourquet de l’IFop qui donne des précisons fort intéressantes, à ce que nous avons mis aussi sur le site lepcf.fr.

Le vote Mélenchon est assez étal et homogène en France avec des poussées fortes dans les grands centres urbains. Il y a, chiffres à l’appui, une constatation à regarder de plus près. Le Front de gauche est en dessous du vote Robert Hue dans quasiment toutes les zones de force du PC et il progresse de manière significative dans les terres où l’influence PC était très faible, notamment le terres à tradition socialiste. Plusieurs exemples sont donnés dans l’Allier, le Nord, le Pas de Calais, y compris la banlieue parisienne.

Nous avons eu pas mal de discussions parfois contradictoire pour apprécier la campagne, le résultat, ce qui bougeait ou pas.

Dynamique militante ou populaire, mouvement qui s’ancre ou feu de paille, regain de l’activité communiste ou poursuite de la dilution... je laisse chacun donner son point de vue dans la discussion.

Personnellement, je pense que, certes le rassemblement de la gauche de la gauche s’est fait, pour autant les cartes à gauche ne sont pas rebattues et ce vote n’ouvre pas pour moi à ce jour une issue. J’y reviendrai.

Le résultat du FN est marquant. La candidate atteint en voix le score de son père plus Mégret en 2002, mais pas en pourcentage des inscrits. Là aussi, un score assez étal avec de fortes progressions dans des zones péri urbaines ou rurales qui se sentent abandonnées par les pouvoirs publics.

Le vote se fait sur les thèmes traditionnels du FN : racisme, préférence nationale, se protéger des étrangers, sauvegarder notre culture et mode de vie mais sans doute aussi sur la question de la Nation, de la sortie de l’UE, de l’euro, que Marine le Pen est la seule à porter, même si Mélenchon sur ces questions est souvent plus "osé" que la direction du PCF.

Le vote FN touche un électorat populaire traditionnellement à droite et déçu par Sarkozy mais aussi un électorat qui est passé par la gauche, ouvrier et employé, déçu et décomplexé qui veut mettre les pieds dans le plat et après tout, essayer Marine puis que c’est la seule qui ne serait pas dans l’establishment et oserait parler des sujets qui fâchent.

Les arguments moraux ne suffisent pas à combattre le FN.

Il est nécessaire d’aborder toutes les questions de la société et de proposer des réponses.

Il nous faut débattre de notre position sur l’Union Européenne et travailler la question de la Nation.

Gardons en mémoire que le Non de 2005 a été volé.

Le PS progresse sans qu’on puisse parler pour l’instant d’une vague. Il récupère une grosse part des voix de Bayrou. C’est souvent un vote sans grandes illusions, le plus sûr pour battre Sarko.

Mais il y a quand même l’espoir que cela pourrait être moins dur, que quelques mesures seraient prises pour alléger les difficultés populaires, que la vie politique serait plus moralisée et que la richesse serait moins arrogante. Chez pas mal de camarades syndicalistes, il existe l’idée qu’il sera plus facile de négocier. Je ne veux décourager personne mais il faut se rappeler de Vilvorde, des premières attaques conte la Sécu, la retraite et les indemnités des chômeurs et quant à la moralisation de la vie politique, n’oublions pas que leur candidat a failli être DSK. N’oublions pas non plus la guerre en Irak et au Kosovo.

Surtout, le capital et son bras armé de l’Union européenne ne nous lâcheront pas. Un nouveau traité - le traité établissant le mécanisme européen de stabilité (MES) - nous enfermant un peu plus dans la règle d’or a été adopté grâce à l’abstention du PS au parlement... Hollande a dit récemment que l’Europe serait la chance de la France.

Et le PCF et le Fdg renvoient toujours à l’Europe sociale.

Pendant la campagne, on a beaucoup entendu "qu’on ne lâcherait rien" et "résistances". Il y avait du monde dans les défilés du premier mai, mais à ma connaissance aucun préavis de grève ou grande journée de manifs ne sont annoncés ; ce n’est pas 1936 qui se profile.

Si Hollande gagne, ce qui est probable mais pas encore fait, quel sera le réflexe ? Celui du soulagement parce que le pire est évité, celui de l’attente, celui de l’attaque pour gagner tout de suite ce qui peut l’être. Quelle sera l’attitude des organisations syndicale ?

Avons-nous les moyens de peser pour faire bouger la situation et si oui comment ?

Ne devons nous pas travailler à partir de grands thèmes de bataille :

- affrontement capital/travail : le coût du travail, reprendre ce qu’ils nous ont volé avec le SMIG, les salaires et la retraite.

- L’emploi industriel (Fralib, Veninov, Arkéma...).

- Le refus de payer la dette et d’appliquer les règles de l’UE.

- La guerre : Syrie, sortie de l’Otan...

Les grandes envolées du soir du premier tour ont fait place à des propos plus modestes quant à la nécessité que tout le monde ait sa place à gauche aux législatives, Pierre Laurent parlant même après le premier mai de majorité présidentielle. Le PG pour l’instant n’a pas d’élus possibles et pour le PCF rien n’est réglé.

Beaucoup de camarades attendent les législatives comme une bataille libérée de Mélenchon, plus communiste parce qu’autour de candidats cocos identifiés.

Le PCF a la possibilité dans plusieurs endroits de progresser, de faire des bons résultats et de faire élire des députés communistes.

C’est une bataille dont nous sommes complètement partie prenante car les députés cocos sont des points d’appui pour les luttes et pour la visibilité nationale du PCF.

La situation pour la reconstruction du PCF ne sera pas la même si Bocquet et Candelier sont réélus, si Michèle Picard et Hervé Poly sont élus. C’est donc une bataille à mener dans le peuple, avec l’avantage de la proximité.

A partir de la situation de quelques circonscriptions, moins de 80, où le FN et la droite pourraient être seuls en lice au second tour et où évidemment il faut tout faire pour éviter une telle situation, une opération est montée pour négocier très au delà, plusieurs circonscriptions avec le PS.

Pour le PG, il faut avoir absolument des députés ce qui n’est pas gagné aujourd’hui.

La direction a besoin de valider sa stratégie par un résultat sans appel, ce qu’elle peine à faire avec le seul résultat des présidentielles.

Après nous avoir lavé avec le FdG, il nous essorerait avec le PS, minorant la bataille communiste.

Quelles contre parties pour de telles négociations ? la question mérite d’être posée.

Une conférence nationale aura lieu dans la semaine qui suivra les législatives sur la participation gouvernementale et la poursuite du FdG.

La direction reste prudente sur la question de la participation gouvernementale, mais il est fort possible qu’elle souhaite y parvenir.

Dans quel sens pèsent ces présidentielles pour l’existence du PCF ?

Les cartes à gauche ne sont pas rebattues, cela veut dire que le PS est toujours dominant mais aussi que la recomposition politique autour de la gauche de la gauche, c’est à dire le renoncement du PCF à être l’épine dorsale de la gauche, n’est pas atteint totalement, d’où la tentative de la direction de se servir des législatives pour en rajouter.

Beaucoup de camarades soulignent que les communistes ont retrouvé de l’allant, qu’il y a eu des adhésions et que finalement l’opération FdG serait profitable, peut-être même une aubaine pour reconstruire.

Mais il est acté qu’il n’y aura plus de groupe PC à l’Assemblée nationale, le sigle FdG remplace de plus en plus souvent le sigle PCF, quel message national passe-t-il ainsi ? Celui d’un PCF force d’appoint dans une grande force nationale, l’allégeance au PGE confirmée (voir article de l’Huma sur la Grèce).

La poursuite du FdG avec une structure permanente et un porte parole (Jean-Luc Mélenchon) sera tranchée fin juin à la conférence nationale. Tout cela contribue à l’idée que les communistes ont bien fait de s’effacer, parce qu’ils ne peuvent plus être une grande force nationale.

Le PCF risque fort de se retrouver sous une triple tutelle : PGE, FdG, PS qui dirigera tout.

Quel aurait été le message avec un candidat PCF à 9%, en France, en Europe et dans le monde : celle d’un renouveau des forces communistes.

C’est le message inverse qui passe, quand le PC n’a plus le premier rôle c’est mieux.

Pour moi, la liquidation continue. Même la direction y met les formes et si elle est prête à garder une coquille vide ne serait-ce que pour assurer les places de Colonel Fabien, le processus lancé à Martigues continue.

Si le FdG est une tactique, alors il faut qu’elle arrête de nous servir de stratégie et pour cela il faut voir plus loin que la seule immédiateté électorale et que les institutions.

Si c’est une stratégie, c’est bien celle de la fin du PCF et de la rupture avec l’histoire communiste.

Jamais le capitalisme n’a été autant dénudé et des millions de citoyens l’identifient comme une possible fin de l’histoire et pourtant personne ne porte un autre projet de société.

Pour nous, quel objectif : un projet le socialisme, un combat et un parti pour permettre au peuple de mener ce combat dans les conditions d’aujourd’hui.

A l’impossible nul n’est tenu, mais notre problème ne peut se limiter à nous assurer de la direction des comités Front de gauche où à peser au sein du PCF.

Il faut monter la barre, d’autant qu’un congrès se tiendra début 2013.

Dans la dernière période, nous rassemblons et construisons :
- avec nos organisations et initiatives populaires,
- quand nous donnons des outils de réflexion pour mener le combat.

L’horizon, ce n’est pas le Front de gauche, c’est le socialisme. Le congrès ne peut pas donc se limiter à "est-ce qu’on continue le Fdg et comment" et peut-être "quel bilan tirer des premiers mois de participation gouvernementale".

Il nous faut ouvrir l’issue de la rupture, libérer les têtes du cadre institutionnel, poser le débat en termes communistes.

Il y aura sans doute des assises du Front de gauche ou quelque chose de ce genre.

Ne devons-nous pas réaffirmer notre objectif avec l’organisation d’Assises du communisme d’ici fin 2012 ?

Ces assises pourraient se préparer avec un Tour de France rythmé de débats marquants auxquels nous donnerions une visibilité nationale. Plusieurs départements sont en situation d’organiser de tels débats : BDR, Rhône, Gironde, Nord-Pas-de-Calais, région parisienne, Isère, Alsace.

Trois évènements sont déjà en préparation :

- Les rencontres de Marseille les 6, 7 et 8 juillet,

- La fête de l’Huma où nous devons être présents et visibles,

- Les rencontres internationalistes de Vénissieux le 27 octobre.

Nous pouvons ensemble leur donner plus de contenu et plus de force.

Mettons la barre au bon niveau, celui des exigences sociales et politiques, du combat nécessaire face au capital.

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