Réunion régionale "Faire vivre et renforcer le pcf"

, par mcb

Samedi 19 novembre, des militants du Rhône, de l’Isère et de la Drôme se retrouvaient pour un échange productif à Fontaines.

A l’issue de la réunion, les décisions suivantes étaient prises :

Sortir sous forme de vidéo un matériel simple permettant nourrir des réunions de communistes dans les quartiers sur le thème de la résistance à la dictature de la dette

Organiser dans chaque département au moins un débat sur la question de la dette, de l’euro et de la construction européenne.

Préparer l’assemblée nationale des militants communistes des quartiers populaires

Progresser dans l’organisation du réseau notamment sur l’activité à l’entreprise.

Ci-dessous, le rapport d’introduction de Marie-Christine Burricand

Nous tenons cette réunion régionale à la demande de plusieurs camarades qui souhaitaient avoir un échange quant à la manière dont les communistes allaient s’exprimer et agir au regard de la situation internationale et nationale face à la crise et l’asservissement des peuples, en prenant en compte bien sur les échéances électorales de 2012.

Beaucoup de camarades se sentent démunis. Ils se sont battus au travers de la candidature Chassaigne pour une candidature communiste aux présidentielles. Finalement, c’est Mélenchon qui a été désigné. Comment intervenir, mener bataille et campagne sans candidat communiste à la Présidentielle ? D’autant que Mélenchon joue solo et cabot, loin des pratiques militantes et des préoccupations populaires. Là où il y a des candidats communistes aux législatives, on se dit qu’on va se rabattre sur eux, mais chacun sait que jusqu’à fin avril, c’est la présidentielle qui va occuper le paysage.

Alors, comment occuper le terrain politique, être utile au peuple, faire progresser les idées communistes, renforcer le PCF ?

D’autant que chacun sent que nous entrons dans une nouvelle phase de la guerre capitaliste contre les peuples.

Cette « crise », dont nos gouvernants depuis 2008 n’arrêtent pas de dire qu’ils ont trouvé la solution, se révèle beaucoup plus importante et grave, que ce que les tenants d’un capitalisme libéralisé à outrance veulent nous faire croire.

Pour Sarkozy, Merkel et les dirigeants du G 20, les peuples d’Europe doivent payer et se taire.

Le peuple Grec est en train d’en payer un prix exorbitant sous la pression de l’Union Européenne, de la Banque Centrale Européenne et du FMI.

Plan d’austérité après plan d’austérité, il voit ses droits, son pouvoir d’achat, son avenir confisqué. Il faut qu’il paie la voracité sans limite des banques, des marchés financiers. Il faut qu’il se plie au diktat des agences de notation. Il est dépossédé de tous droits démocratiques, pas de référendum, pas d’autre choix que d’appliquer les recettes de Sarkozy, Merkel. Ce ne sont plus le gouvernement et le peuple grec qui décident de l’avenir de leur pays mais l’Union Européenne sous la pression des agences de notation et des marchés financiers. Les anciens présidents de la BCE remplacent les chefs de gouvernements que le capital juge dépassés. Certains parlent de proconsul...les fascistes participent au gouvernement en Grèce.

Faut-il s’étonner de ce déni de démocratie ?

Après tout , les dirigeants européens ont bien décidé de violer la souveraineté des peuples quand ils ont fait voter et revoter les irlandais pour obtenir un oui ou quand ils ont volé aux français leur Non de 2005 avec le traité de Lisbonne.

La véritable nature de la construction européenne est mise à nue : elle est un outil pour enlever toute prérogative aux nations qui la compose, pour rendre impossible toutes autres politiques que celles issues de la soumission aux traités de Maastricht et de Lisbonne.

Cette construction européenne est depuis de début au service des entreprises multinationales, des banques, du grand patronat, de la bourgeoisie. Présentée comme le seul moyen de rassembler les pays européens pour être plus fort et être un rempart face à la mondialisation, elle est en fait un acteur majeur de cette mondialisation. Elle n’a cessé de mettre en concurrence les salariés entre eux, d’abaisser les droits sociaux, d’ organiser le chômage au niveau européen, de s’attaquer aux services publics, à l’accès aux soins, de pousser à la privatisation de la poste, de la distribution d’énergie, etc.…. L’objectif étant de piller l’économie réelle pour drainer toujours plus de richesse vers une bourgeoisie parasitaire, vers la spéculation au détriment de l’économie réelle, d’enrichir les plus riches au détriment des peuples.

Les marchés financiers, les agences de notations, ne lâchent pas, il faut faire payer les peuples. Après la Grèce c’est l’Italie qui va être confrontée à l’obligation d’appliquer des plans d’austérité draconiens. Le gouvernement portugais prévoit une augmentation de 2h30 hebdomadaire de la durée du travail sans augmentation de salaire, la suppression des primes de fin d’année du secteur d’état jusqu’en 2013, des augmentations des impôts, etc.

En France François Fillon vient d’annoncer un deuxième plan de « rigueur », qui pour prés de 90% va peser sur la population.

Il s’élèvera à 7 milliards d’euros payés pour l’essentiel par le peuple.

Jugeons en : accélération du recul de l’age de départ à la retraite, 700 millions d’euros supplémentaires économisés sur la santé, 500 millions sur le budget de l’état, 500 millions sur les prestations sociales,augmentation de la TVA de 5,5 à 7%.

Les supputations sur les 3A de la France montrent que ce qui se passe en Grèce ou en Italie pourrait nous arriver très vite.

N’y-a-t-il pas un pallier à passer dans la riposte, tant du point de vue des luttes que de la bataille d’idées ?

D’autant qu’au plan international, le recours à la guerre au travers de l’Otan, en Afghanistan, en Irak, en Lybie, témoigne des risques que le capital est prêt à prendre.

Beaucoup se sont dits en voyant la fin de Khadafi, les Etat-unis et la France se disputant la gloire d’avoir tiré la salve décisive, mais est pour cela que la France est allée là bas et ce qui va être mis en place ne serat-il pas pire que ce qui existait précédemment ?

Et aujourd’hui, l’Otan est aux portes du Sahara, n’y aura t-il pas prétexte et manoeuvre pour rentrer en Algérie ?

Le PCF, comme l’ensemble des forces de gauche qui ont porté le NON au Traité Constitutionnel européen n’est pas à la hauteur de la situation que nous vivons. Il est enfermé dans la recherche illusoire de « l’Europe sociale », silencieux sur la souveraineté nationale et frileux sur l’histoire communiste, ayant rompu avec la presque tous les partis communistes de la planète- dont les plus forts en Europe (Portugal, Grèce, Tchéquie...) au profit de la construction institutionnelle d’un « Parti de Gauche » européen .

Ainsi, Pierre Laurent va en Grèce au nom du PGE. Mais il n’a pas prévu de rencontrer le KKE qui est pourtant au centre de la mobilisation avec l’appel qu’il lance à ses militants:les militants doivent être dans les entreprises et les quartiers pour organiser les grèves, mener la bataille idéologique et construire l’hégémonie d’un peuple organisé et uni.

Le débat des présidentielles ne semble pas prendre en compte cette situation. François Hollande veut donner un sens à la rigueur et annonce déjà qu’il ne pourra pas mettre en place tout son programme, Mélenchon joue les troubles fêtes. Seul le Front National aborde les questions de sortie l’Euro et de L’Union européenne, non dans le sens de combattre des outils du capitalisme mais pour servir ses thèses nationalistes.

Le titre de l’interview de Pierre Laurent dans l’huma de cette semaine est : il faut changer la manière de mener le débat à gauche. Ne faudrait-il pas surtout changer le contenu du débat avec un Parti qui porte franchement la question d’un changement de système ?

Dans cette situation, il me semble que quatre objectifs doivent animer les communistes :

Aider au développement des luttes
Faire monter le niveau de conscience
Unir le peuple ce qui est la meilleure manière de combattre le Front national
Organiser le monde populaire, c’est à dire renforcer le PCF

Pour ne pas être trop longue, je me concentrerai aujourd’hui sur les deux premières questions.

La volonté de virer Sarkozy est forte, nous la partageons et devons en être les meilleurs porteurs. Pour autant, nous savons que l’arrivée du PS au pouvoir a toutes les chances de n’être qu’une alternance à l’issue dramatique : nous avons les exemples de la Grèce, de l’Espagne, et la FN est en embuscade.

Ce qui peut modifier ce scénario, c’est bien sur un développement important des luttes et du mouvement social.

Les luttes sont d’ailleurs très présentes dans le pays, notamment eu travers de la défense de l’emploi industriel avec des bagarres emblématiques comme les Fralib à Marseille, les Veninov à Vénissieux et je suis sure que vous en avez dans l’Isère.

Mais cela ne fait pas le compte. Beaucoup restent amers de n’avoir pas gagné sur les retraites et se disent, attendons l’élection on verra après.

Pourtant, un grand mouvement social en cadrant l’élection est bien la seule chose qui peut changer la donne et éviter que 2012 ne soit qu’une alternance. La lutte n’est pas le domaine réservé aux syndicats, le PCF se contentant d’accompagner pour glaner des voix. Nous avons toute notre place à prendre pour développer un grand mouvement social en intervenant sur les formes du rassemblement comme sur son contenu. N’oublions pas que les luttes, c’est aussi la défense de l’école, de la santé, du droit au logement et à l’énergie à un moment où un français sur deus retarde des soins faute d’argent. Nous avons des outils simples dont nous pouvons nous servir dans des rencontres avec la population. Je pense au film réalisé par les Fralib ou les nestlé sur leur lutte, au message vidéo envoyé par les camarades grecs. Imaginons ces témoignages diffusés dans 10, 20 30 réunions, rencontres organisées par les communistes, est ce que cela ne changerait pas le climat ? Il y a donc bien besoin que nous jouïons notre rôle du point de vue de la bataille d’idées pour faire monter le niveau de conscience. La crise nous offre un terrain en or dans la mesure où elle met à nu la cruauté du système.

La question de l’euro et de l’union européenne est dans toutes les têtes. Ils sont largement identifiés comme responsables de la crise aujourd’hui. Chez les communistes eux-mêmes, il y a débat : l’union européenne est-elle une institution qu’il faudrait transformer ou un outil du capital qu’il faut abattre. Idem pour l’euro : témoin de la crise ou outils de domination.

Pense-ton du point de vue de classe que le combat doive se mener au plan européen européen ou au contraire que la nation est le terrain le plus favorable pour résister au capital ?

Personnellement, je pense qu’il faut faire exploser le cadre européen construit pour et par le capital ce qui n’exclut pas de reconstruire un nouveau cadre européen favorable à la coopération entre les peuples et les nations souveraines comme l’ont fait par exemples les pays d’Amérique du sud avec l’Alba.

Mais il faut en tous cas mener ce débat et ne pas rester arc boutés sur de vieux concepts quand des penseurs de tous bords bougent.

Dans un éditorial publié par le New York Times, Paul Krugman prédit la fin prochaine de l’euro et en tire quelques conclusions. Pour lui, il ne faut y voir ni la preuve de l’échec de l’État providence ni celle de la nécessité de s’imposer des restrictions budgétaires.

Si l’Italie ou l’Espagne rencontrent aujourd’hui de telles difficultés économiques - dont les sommets atteints par le taux d’intérêt de leur dette sont le symbole - c’est qu’en adoptant l’euro, les deux pays ont abdiqué tout pouvoir en matière de politique monétaire. Or, pour Krugman, c’est précisément ce critère qui détermine le taux d’intérêt appliqué aux obligations d’un pays.

"Dans les faits, l’Espagne et l’Italie se sont réduites au rang de pays du tiers monde, qui doivent emprunter dans une monnaie qui n’est pas la leur. Plus précisément, parce que les pays européens ne peuvent pas imprimer leur propre monnaie, même en cas d’urgence, ils rencontrent des difficultés de financement que les nations qui ont conservé leur propre devise ne connaissent - avec les résultats que nous voyons maintenant", écrit-il. En d’autres termes, si aujourd’hui l’intérêt de la dette japonaise s’élève à 1% seulement, contre 7% pour l’Italie, c’est parce que le Japon dispose de sa propre monnaie et des moyens de l’utiliser à sa guise pour soutenir son économie.

Si cette théorie a le mérite de venir contredire l’orthodoxie économique, qui préconise actuellement une rigueur à toute épreuve, elle n’est pas nouvelle, fait remarquer Cullen Roche pour le blog Pragmatic Capitalism. En 1992, Wynne Godley, tenant de la Modern Money Theory, prédisait ainsi : "Si un gouvernement n’a pas sa propre banque centrale pouvant lui signer directement des chèques, il ne peut financer ses dépenses qu’en empruntant sur les marchés, de la même manière que les entreprises, ce qui est sinon impossible, ou du moins très cher, particulièrement dans des conditions d’urgence extrême. Les contraintes budgétaires qui s’appliquent sur chaque gouvernement pourraient alors pousser l’Europe dans une spirale désinflationniste, puis dans une véritable crise". Là encore, imaginons un débat sur ce thème dans chaque département de notre région, est ce que cela ne ferait pas bouger le PCF et la population ? De tels débats peuvent être menés sur d’autres thèmes, je pense par exemple au nucléaire : quels enjeux pour l’environnement, quels enjeux sociaux alors que pour des millions de familles se chauffer correctement est devenu un luxe, quelle maîtrise publique ?

Certains me diront, tout cela est bien beau mais ne répond pas à ma question qu’est ce qu’on fait avec Mélenchon. Mais, l’essentiel est-il là ? Notre priorité n’ est-elle pas de créér les conditions qu’au lendemain des présidentielles, le peuple soit mieux armé et avec un Parti communiste qui compte.

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