Troisièmes Rencontres internationalistes de Vénissieux : Intervention de Marie-Christine BURRICAND pour le 90eme anniversaire du PCF.

, par mcb

La journée d’aujourd’hui avec ces nombreuses interventions de camarades étrangers et la présence de la jeunesse donne confiance en nous et l’envie de partir à la reconquête de notre histoire, de notre parti, du socialisme et du communisme.

Continuer le PCF, le faire vivre et le renforcer, c’est le choix affirmé par de nombreux communistes français. Un choix qui s’ancre dans l’histoire, le présent et l’avenir.

Et s’il a fallu l’affirmer, c’est bien que ce choix n’allait pas de soi et même qu’il y avait péril en la demeure. Aujourd’hui, nous sommes audacieux et confiants mais nous avons aussi la lucidité de savoir que la question n’est pas réglée.

Vous me permettrez un regard dans le rétroviseur, juste pour se rappeler par où nous sommes passés ces 20 dernières années. A la fin des années 80, le Mur de Berlin s’effondre sous le poids du capitalisme de la séduction et de l’institutionnalisation du socialisme... La RDA est lâchée par Gorbatchev et, dans la direction du PCF, certains jettent le bébé avec l’eau du bain.

Le socialisme devient un mot tabou, le communisme est un crime, la lutte des classes est ringarde, la cellule une prison , le PCF un outil dépassé...

Georges Marchais résiste, mais les apprentis politiciens poussent forts. Et puis déjà, nous avions abandonné la dictature du prolétariat et le centralisme démocratique en toute bonne conscience, mais nous ne savons plus très bien par quoi nous les avions remplacés.

Les communistes font le dos rond. Ils vont avaler la mutation, la gauche plurielle, les collectifs antilibéraux, l’adhésion au PGE. Plus récemment, c’est la soumission du PCF au Front de gauche, cette insistance à vouloir nous imposer une Congrès de Tours à l’envers, un remariage mortifère avec la social-démocratie, alors que la situation exige toute l’autonomie, le déploiement de la créativité et l’intelligence des communistes.

Au fil des renoncements cependant, le projet est apparu plus clairement aux communistes et la résistance s’est organisée, dedans et dehors, dans la diversité des situations et des histoires personnelles, avec des organisations, des femmes et des hommes repères.

L’essentiel est là : une majorité de communistes affirment fin 2007 leur volonté de continuer le PCF. Et c’est bien cela, avec la situation présente, qui me fait dire qu’il faut maintenant passer de la résistance à la reconquête du PCF.

Continuer le PCF, ce choix s’ancre dans notre histoire.Le choix de 1920 s’est construit dans la boucherie de 14/18, les compromissions de la social-démocratie, le formidable élan créé par la Révolution russe.1920 consacre l’autonomie des révolutionnaires qui se dotent avec le PCF de leur organisation, la séparation entre ceux qui veulent changer radicalement la société et ceux qui veulent l’aménager. Ce choix reste pleinement d’actualité.

L’histoire du PCF est profondément liée à celle de la France et de son peuple, aux luttes internationales aussi. J’illustrerai brièvement mon propos en citant quelques noms : Henri Alleg et Henri Martin pour les luttes anticoloniales, Colone Fabien et Danièle Casanova pour la Résistance, Parcel Paul et Ambroize Croizat pour les conquêtes sociales et le programme du Conseil National de la Résistance.

Garder le PCF, c’est aussi garder la référence théorique au marxisme, assumer l’apport du léninisme au mouvement révolutionnaire. Nous nous rappelons que pour identifier l’exploiteur et l’exploité, reconnaître sa place dans la lutte des classes, la plus-value en dit plus long que bien des discours.

Oui, nous assumons notre histoire, nous réaffirmons le choix de Tours, nous refusons que la classe ouvrière d’aujourd’hui soit ramenée à l’obscurité du 19éme siècle, au temps des courants et des leaders avant l’existence d’une organisation révolutionnaire.

Ce choix de la poursuite du PCF, nous l’ancrons bien sur dans le présent. Le capitalisme est aujourd’hui d’une sauvagerie inouïe, mais il abandonne aussi ses parures et miroirs aux alouettes, ce que certains ont appelé le capitalisme de la séduction.

La situation nationale et internationale n’a jamais autant donné raison aux communistes. La situation présente confirme ce que nous savons : le capitalisme est un système prédateur, générant des crises cycliques au détriment des peuples, porteur de menaces pour la paix dans le monde.

Au plan national, la mondialisation capitaliste se traduit par la main-mise du capital financier international sur les grandes entreprises françaises. Des pans entiers de l’industrie et de l’agriculture sont détruits, avec des conséquences sociales dramatiques. Notre peuple est étranglé par des politiques éconmiques destructrices, menées par une droite revancharde qui s’acharne à détruire tous les acquis obtenus par les luttes au cours du 20éme siècle.

Dans les mouvements de ces dernières années et singulièrement celui que nous venons de vivre, le peuple fait l’expérience des dégâts terribles engendrés par ce système, des forces que mettent en oeuvre le capital pour imposer leur projet. Dans ces difficultés, l’idée grandit qu’il n’y a pas de compromis possible avec ce sytème, que battre les forces du capital est un combat de longue haleine qui demande des idées, des actes et une organisation.

La lutte des classes est revenue au premier plan et l’espace pour faire grandir la nécessité d’une organisation révolutionnaire est plus que jamais ouvert. Ceux qui ont travaillé pour être présents dans les récents rassemblements, pour éclairer le mouvement par nos explications, proposer l’adhésion en ont fait l’expérience et ont mesuré ce que nous coutaît notre lâcheté nationale.

Poursuivre le PCF pour l’avenir, parce que l’humanité est en danger. Pas d’abord cause du réchauffement de la planète, mais parce qu’une minorité pour s’assurer un luxe toujours plus grand est prête à accroître le plus loin possible l’exploitation de l’humanité quitte à en passer par la violence, la guerre, l’épuisement des ressources de la terre.

Le combat ne saurait se réduire aux jeux institutionnels et aux aménagements qu’autorisent les institutions. Il nous faut penser le socialisme aujourd’hui et redessiner le communisme.

Alors oui, il faut continuer le Parti Communiste français. Il faut le continuer dans les consciences et dans les actes, dans les entreprises et les quartiers populaires, chez les intellectuels et les chômeurs.
Personne ne dit que c’est simple et gagné, mais c’est ce pari que nous osons.

Nous l’osons quand nous rencontrons à Marseille les camarades de Rouges Vifs, les cercles communistes du Nord, les camarades de Colère et Espoir de Picardie et que nous décidons qu’il faut arrêter l’émiettement des communistes et reconstruire ensemble le fond idéologique dont le mouvement populaire a besoin.

Nous l’osons quand nous décidons d’aller à Lisbonne pour monter que les communistes français portent la solidarité internationale et veulent renouer avec les partis communistes du monde entier.

Nous l’osons quand nous faisons vire des organisations –fédérations, sections, cellules, groupes- malgré les obstacles et les difficultés.

Nous l’osons quand nous disons qu’il faut sortir du carcan de l’Union européenne.

Camarades, ne sou-estimons ni nos forces, ni l’intelligence populaire. Le pari de l’existence du PCF est gagnable, les fondations sont bien là. Osons ensemble les actes nécessaires pour avancer.

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