40 ans du Collège Elsa Triolet : Intervention de Marie-Christine BURRICAND

, par mcb

Mme la Principale, Madame le Maire, Monsieur le sénateur, Madame la Rectrice, c’est un grand moment que nous vivons ce soir avec les 40 ans du collège Elsa Triolet, un événement important pour le collège mais aussi pour les Minguettes et finalement un moment pédagogique pour tous ceux dans le département qui s’intéressent à la vie des collèges, ce pasage si important, et parfois si difficile, dans le chemin qui mène de l’enfance à l’age adulte.

Et je veux tout d’abord remercier l’engagement des équipes éducatives et bien sur de Madame La principale, techniques et administratives du collège, les élèves et les parents, tout ce travail collectif qui a permis cette journée d’échange, de réflexion et de convivialité qui se poursuit avec cette soirée. Tout ce que j’ai vu et entendu aujourd’hui témoigne que vous aviez mis la barre au bon niveau pour une journée de très grande qualité, c’est courageux, merci à vous de l’avoir osé. Mais peut-on faire moins quand on s’appelle collège Elsa triolet, une femme écrivain et poéte, engagée pleinement dans tous les combats pour la liberté et la justice tout au long du 20émé siècle ?

Je sais pour participer depuis maintenant 5 ans aux travaux du Conseil d’administration et suivre du mieux que je peux la vie du collège, le travail important et patient qui est fait pour donner toutes leurs chances aux jeunes qui viennent étudier ici. Et leur donner toute leur chance, c’est leur donner un peu plus qu’aux autres en temps, en personnels et en moyens,tout simplement pour combattre l’inégalité car nous savons, notamment au travers du très grand nombre de boursiers du collège, que ces jeunes viennent de familles particulièrement concernées par toutes les difficultés sociales du moment et notamment celles liées au chômage , à la précarité et aux faibles revenus.

Avec mon collègue du canton nord, Christian Falconnet, nous avons assisté, en partie, au Festival Eclair destiné à favoriser les échanges inter scolaires et l’intégration des futurs collègiens et nous avons bien mesuré l’investissement que cela demandait aux enseignants et en même temps l’apport, notamment dans l’apprentissge collectif pour les élèves.

Et franchement, l’annonce de la très bonne progression du collège pour les résultats au brevet m’a vraiment fait plaisir, pas dans un esprit de compétitivité avec les autres collèges du secteur, mais parce qu’elle récompense un travail important et qu’elle montre que la réussite peut être au rendez-vous ici dans nos collèges des Minguettes. Et puis j’ai pensé aux élèves concernés par ces résultats et à leurs familles : cela n’est pas rien de réussir son brevet, en quelque sorte son premier diplôme surtout quand les études ne vont pas de soi, font parfois peur et qu’on est pas certain de gagner à tous les coups quand on se présente à un examen. La confiance en soi, c’est aussi comme cela qu’elle se gagne.

Des travaux important ont été realisés par le Conseil général ces dernières années. Ils étaient absolument nécessaires et ne sont pas arrivés par hasard dans une période où les collectivités locales voient leurs moyens diminuer. Il a fallu beaucoup d’insistance et de conviction aux différents principaux, conseils d’administration pour obtenir les engagements financiers nécessaires et il en faudra beaucoup encore pour ce qui reste à faire, notamment concernant la SEGPA.

Cette soirée anniversaire est bien sur un moment de fête mais c’est aussi un moment d’émotion, notamment avec tous les anciens élèves , professeurs, surveillants, proviseurs qui ont participé à la journée et se sont exprimés dans les tables rondes.

Oui le collège a une histoire, une histoire liée à l’aventure des minguettes, promesses de logements décents et modernes pour des milliers de familles qui en étaient privées, espoir d’une vie meilleure qui va se briser en grande partie sur la crise sociale, le chômage, les inégalités,l’exclusion qui va toucher sévèrement les jeunes de ce qu’on appelle alors les banlieues souvent réputés chaudes. Oui ici il a fallu se battre pour ne pas être un quartier relègué, un quartier stigmatisé et une zone de non droit, pour ne pas se laisser enfermé dans l’étiquette quartier difficile.Il a fallu se battre pour les services publics, pour les écoles et les collèges, pour les transports en commun, pour le vivre ensemble, pour la réussite scolaire.

Beaucoup a été gagné, je pense par exemple au pari de l’école de musique et de l’agrandissement du cinéma sur le plateau, au tramway, aux constructions nouvelles, mais nous savons tous qu’aucun relachement dans l’effort ne nous est permis, qu’on soit enseignant, fonctionnaire, gardien d’immeuble, père ou mère de famille et élu par la population bien sur.. Il y avait beaucoup de fierté dans tous les témoignages que j’ai entendues aujourd’hui, la fierté de ceux qui n’ont pas cédé aux difficultés et qui se sont accrochés pour avancer et que d’autres avancent

Je voudrai m’adresser plus particulièrement aux collègiens présents ce soir.
Les jeunes qui rentrent au collège aujourd’hui, ne vivent pas dans une époque facile quoi qu’on veuille leur faire croire. Si le clic de la souris leur est plus facile qu’à ma génération, il ne leur ouvre pas pour autant les portes de la réussite personelle et professionnelle.

Ma génération a pleinement bénéficié des avancées sociales issues de la résistance dont vos enseignants vous ont peut être parlé ces derniers jours puisque nous célébrons ces jours ci les 70 ans du Conseil national de la résistance.

Je suis entrée au collège à Vénissieux, dans un autre établissement public que celui ci, en septembre 1968. Je crois que nous étions la première classe d’age à expérimenter la mixité et à jeter la blouse, obligatoire jusque là, aux orties. Nos parents, quelque soit leur métier et leur entreprise, bénéficaient d’augmentation substantielles, notamment pour ceux qui étaient paiés au Smig, conquises par les grèves de mai 68 et de tous pleins de nouveaux droits sociaux, syndicaux, politiques.

Bons ou mauvais élèves, brillants ou cancres, aucun d’entre nous n’imaginait être confronté au chômage. Le travail allait de soi.

C’est bien différent aujourd’hui, mais pour autant il ne faut pas céder à la fatalité et au découragement .Un ancien conseiller d’éducation du collège disait dans une table que quelqu’ait été le parcours des élèves qu’il avait connus et parfois sanctionnés,tous avaient fini par trouver leur place, alors battez vous pour tracer votre chemin et saisissez pour cela toutes les mains qui vous sont tendues, tout particulièrement ici dans ce collège.

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