Conseil de communauté du 15 décembre

, par mcb

Je reviendrai plus longuement sur les enseignements de ce dernier conseil de communauté avant le passage à la métropole. Voici déjà mon intervention au nom du groupe communiste sur le plan départemental d’insertion.

Monsieur le Président, Chers collègues,

Avec ce rapport concernant le Plan Départemental d’Insertion, nous rentrons dans le vif du sujet du transfert des compétences sociales du département au travers du Revenu de Solidarité Active, compétences sociales que je préfère regrouper sous le terme de solidarité.

Le nombre de bénéficiaires croissant dans le département, leur ancienneté dans le dispositif sont pour nous le rappel de l’approfondissement de la crise économique et sociale et de ses conséquences sur les populations.

Le RSA est aussi emblématique des désengagements de l’Etat au prétexte des décentralisations des compétences. Les modalités de compensation du RSA, calculée à partir de chiffres arrêtées depuis plus de 10 ans, ont laissé une grosse ardoise financière aux départements. Vous comprendrez que nous soyons très attentifs à ce filet social qui concerne -allocataires et ayant-droits compris- plus de 100000 personnes dans l’agglomération.

Dans le département du Rhône, ce chiffre a augmenté de 9,7% en 2014 pour 5,9% en France. Nous voyons qu’en ce qui concerne la pauvreté, l’exclusion et l’emploi l’exceptionalité grand lyonnaise a ses limites.

A Vénissieux, près de 4000 personnes bénéficient du RSA, auxquels il faut ajouter bien sur leurs ayants droits, soit près de 14%de la population de la ville, des chiffres qui confirment que la ségrégation spatiale continue de s’appliquer dans l’agglomération : les trois communes qui ont le revenu médian le plus faible reste Saint Fons, Vénissieux et Vaulx en Velin.

Nous notons aus dans une commune aussi populaire que la nôtre une augmentation de 15% des bénéficiaires et chiffres inquiétants allant jusqu’à 20% dans des quartiers jusque là équilibrés du point de vue de la mixité sociale et de l’emploi. C’est donc une très grande fragilité de la population qui s’annonce, le basculement de nouvelles catégories dans le chômage de longue durée.

La reconduction du plan départemental d’insertion était une obligation incontournable pour permettre la continuité à la fois du paiement des bénéficiaires mais aussi de leur suivi socio-professionnel puisque l’objectif est bien au travers du parcours des référents de travailler à lever tous les freins à l’emploi, ceux qui tiennent à la formation initiale et à l’acquisition ou pas des compétences clefs, au chômage de longue durée, au parcours professionnel chaotique mais aussi ceux qui tiennent à la situation sociale, à la difficulté à accéder au soin, au logement par exemple.

Il faut noter que dans le Rhône, suite à la résistance des associations et d’une partie des élus, l’insertion n’est pas passée sous les fourches caudines des directives européennes imposant le passage aux tous marchés et tendant, l’expérience de la région l’a montré, à favoriser les organismes privés. Nous n’accepterions pas qu’on fasse de l’argent sur la misère !

Nous ne sommes pas quittes pour autant avec ce PDI. Car si chaque bénéficiaire à notre connaissance se voit bien attribuer un référent, lorsqu’il s’agit des actions spécifiques, nous sommes très loin de disposer des places nécessaires pour répondre aux besoins, notamment dans des domaines aussi essentiels que l’acquisition des compétences clefs .

Monsieur le Président, vous avez voulu à toux prix la métropole et nous avons donc récupéré au passage les compétences sociales du département. Je ne crois pas qu’il était si mal dimensionné pour exercer ces compétences décentralisées si sensibles, et ce d’autant que les compétences sociales et les collèges étaient l’essentiel de ses missions.
Mais peut être notre république considère-t-elle qu’une collectivité essentiellement consacrée aux questions sociales est un luxe qu’elle n’a plus les moyens de se payer ?

Monsieur le Président, je ne crois pas que le nouveau soit que la métropole s’occupe de l’humain et de l’urbain. Car en s’occupant de la propreté, des transports, de la voirie c’est bien de la vie très quotidienne de nos concitoyens que nous nous occupons. Ce qui change Monsieur le Président, c’est que nous allons prendre en charge des dépenses obligatoires touchant au noyau dur de la crise, essentiel pour le maintien d’un tissu social fracturé comme le montre d’ailleurs le récent rapport de l’agence d’urbanisme.

Monsieur le Président, vous évoquez souvent les leviers que la Métropole va permettre de lever pour l’insertion et le social. Je crois aussi que la période va nous mettre face à nos responsabilités et devoirs et je reste persuadée qu’au département comme à la métropole la solidarité est un combat.

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