Mettons la barre au bon niveau, celui des exigences sociales et politiques, du combat nécessaire face au capitalisme - commentaires Mettons la barre au bon niveau, celui des exigences sociales et politiques, du combat nécessaire face au capitalisme 2012-05-17T14:53:43Z https://mcb.venissieux.org/parti-communiste-francais/faire-vivre-et-renforcer-le-pcf/article/mettons-la-barre-au-bon-niveau#comment30 2012-05-17T14:53:43Z <p>Chère M-C Burricand,</p> <p>Je viens vous remercier pour le commentaire que vous avez fait de mon texte paru sur le site de Réveil Communiste. Mais surtout, après lecture de votre intervention "Mettons la barre...", je viens vous dire mon accord complet avec ce que vous exprimez. La lutte contre le FN n'est pas un problème moral. Il faut éviter d'avoir des illusions sur les dirigeants du PS. Réintroduire la nation dans les préoccupations centrales des communistes, se donner l'objectif du socialisme et non l'objectif du Front de gauche, etc. Je ne vais pas reprendre toutes vos petites phrases pleines de contenu politique et de bon sens, puisque cela n'était qu'une introduction à la discussion. Il y a certainement eu d'autres "petites phrases" importantes. Je vais seulement poser deux ou trois questions, pour indiquer une ligne de réflexion.</p> <p>En effet, vous indiquez la tenue d'assises du communisme en fin d'année 2012. Je vais vous dire :1) quelles questions je me pose ? C'est juste un témoignage. 2) Comment je comprends, compte tenu de ce que je suis professionnellement, cette initiative ?</p> <p>Quelles questions ?</p> <p>1) Comment réaliser l'unité du Parti communiste ? 2) Comment unifier la classe ouvrière et ce faisant unifier son combat avec d'autres catégories sociales ? 3) Comment unifier le combat des forces radicales d'Europe ? Comment situer l'action des communistes français dans le monde ? Et tout cela pour quels objectifs ?</p> <p>Explorer les quatre dimensions de l'unité politique avec l'objectif du socialisme.</p> <p>Ces questions diffèrent, selon moi, de la stratégie de la mouche du coche qui est celle en cours chez les "managers" du PCF. Cette stratégie est vouée à l'échec. L'épisode Mélenchon, si les choses restent politiquement en l'état, ne débouchera pas, je le crains. Mélenchon, c'est, en profondeur selon moi, au plan de la réalité sociale, l'expression de la crise du capitalisme mondialisé, et au plan idéologique un coup journalistique en même temps qu'un coup de bol. Pierre Laurent m'apparaît davantage aujourd'hui comme le directeur de journal qu'il fut (un faiseur de coups) que comme un homme politique doté de la hauteur de vue et de la continuité de vue que commanderait sa fonction.</p> <p>Derrière chacune de ces questions, il y en a d'autres, évidemment. Mais pour être un peu sérieux, je vais chercher à vous dire en trois mots, ce que je vois d'essentiel derrière ces quatre questions.</p> <p>a) Unifier le Parti communiste, ses militants, redonner confiance à cette organisation par elle-même et pour elle-même. Oui car sinon, il n'y a pas de changements, c'est l'évidence. J'enfonce une porte ouverte.</p> <p>Mais chacun, chacune a sa petite idée. Et puis, il y les forces d'inertie, celles, ceux qui votent "pour" et qui font que, par exemple, Pierre Laurent dirige encore le PCF alors qu'il n'y croit plus.</p> <p>Il faut passer à la vitesse supérieure. C'est ce que je comprends de votre message. Mais il faut également trouver les objectifs et la méthode. Il y a deux thèmes majeurs dans ce que vous dites et qui, à mon avis, devraient être les leviers de cette unification : la nation et l'Europe.</p> <p>Il y a des avis nombreux et contradictoires sur ce que les communistes doivent faire sur l'Europe . Il conviendrait de décider sur la base d'un processus réellement démocratique quelle est la position communiste sur ces thèmes. J'ai une opinion sur ces questions. Mais je serais prêt à défendre une opinion totalement différente de la mienne si je savais qu'elle a été prise démocratiquement.</p> <p>b) Unifier la classe ouvrière, unifier les classes populaires. comme le suggère votre courte intervention, le PCF devrait prendre une mesure plus exacte de ce qu'est le danger de l'extrême-droite populaire ; il y aurait, derrière cette stratégie d'unification différents processus à mettre en oeuvre, différentes questions à soulever concrètement. par exemple, qu'est-ce que le combat national ? Qu'est-ce que la politique industrielle envisagée (et cela concrètement, pas comme slogan électoral) ? Quelle politique de développement des activités autres qu'industrielles ? Car il s'agit d'unfier le combat de la classe ouvrière et celui des autres catégories sociales.</p> <p>c) Unifier les forces politiques radicales européennes ? La question est plus facile à poser sans doute que d'y répondre. Mais on ne se pose que les questions auxquelles on peut répondre.</p> <p>d) Unifier le combat mondial. Là encore, il y a bien des aspects à envisager. je ne sais pas quel est l'état de la réflexion des managers du PCF sur ces problèmes. Ce que je sais c'est que la position du PCF sur le PC Chinois et les Chinois en général était loin d'être satisfaisante. Mais il n'y a pas que la Chine.</p> <p>2) Comment contribuer microinfinitésimalement à ce mouvement ? Je dis "microinfini-tésimalement" car je suis un lambda.</p> <p>Mais je n'ai pas honte d'être un travailleur intellectuel en même temps qu'une personne qui réfléchit sur les problèmes de son époque. C'est mon métier. Et puis, je suis aussi un communiste. Enfin, notre époque commande, à mon avis, la jonction étroite de la production classique, des sciences et des arts. Voilà une façon de résumer "la révolution de notre temps".</p> <p>C'est dire que, à mon avis, les assises dont vous parlez, Marie-Christine, bénéficieraient vraisemblablement de contributions explicites non seulement d'ouvriers et d'employés de ce pays mais également de savants, d'artistes, de médecins, d'enseignants, de fonctionnaires, qui apporteraient leur contribution en tant que communistes à la réflexion que vous envisagez de développer. Je crois même que mettre en discussion les éventuelles grandes contradictions entre ces diverses aspirations pourrait être stimulant. C'est un point de vue.</p> <p>J'appartiens à une section dont "le chef" n'a qu'un mot à la bouche et c'est le mot "action". Au début, quand je lisais les petites puces que publie l'Huma après chaque CN, et que voulais m'informer sur son intervention, je me demandais : "Ah ! cette fois, va-t-il parler d'action ?". Maintenant, je ne me pose même plus la question. Je me demande seulement si le mot action va apparaître, un fois, deux fois, trois fois, davantage. C'est du baratin sans substance.</p> <p>En fait, ce camarade, et celles et ceux qui l'approuvent ont raison en ce sens que l'action, cela va de soi, ne peut être repoussée ad vitam aeternam sous prétexte qu'il faut débattre. Un parti qui ne ferait que débattre serait un parti vide. Mais à côté de l'action, il y a la recherche, qui elle, à mon avis, doit être permanente, à tous les niveaux.</p> <p>J'en ai terminé. Je suis presque certain qu'il y aurait des communistes, chercheurs, savants, artistes, intellos de toutes espèces, prêts à prendre part au combat politique que vous menez à condition qu'ils, elles y soient conduits de manière explicite, sans complexe, sans esprit de donneurs de leçons cela va de soi, mais à part entière et pour elles-mêmes, pour eux-mêmes. c'est une façon, selon moi, de concevoir l'unité du peuple de France de manière différente de la façon dont elle fut peut-être pensée à l'époque du Programme commun des âges farouches.</p> <p>Fraternelles salutations.</p> <p>Jean-Claude delaunay</p>